Colloque organisé par la MSH Paris Nord, la MSH des Alpes, la MSH d'Aquitaine, la MSH de Paris, la MSH Nord-Pas de Calais et le Gricis
Université du Québec à Montréal, dans le cadre de l'Action Concertée Incitative (ACI) du réseau des MSH.
Thèmes du colloque
   
 

Etat, réglementation, régulation

Les politiques publiques et les actions de réglementation et de régulation nous interrogent doublement. D’une part, en dépit des discours annonçant la fin de l’influence des acteurs publics, elles contribuent de manière très significative à configurer les ICIC. En effet, la concurrence est « organisée » par les instances réglementaires ou les régulateurs. D’autre part, ces actions sont des indicateurs et des vecteurs de la redéfinition de la place de l’Etat mais aussi de la Nation et de la culture dans le cadre des sociétés contemporaines. Plusieurs questions se posent. En quoi les politiques publiques ont-elles contribué à définir ou à redéfinir les produits considérés comme « culturels » ? Quelle est la place prise par les enjeux d’ordre esthétique ou relevant de la politique culturelle (« démocratisation culturelle »/ « démocratie culturelle »), par rapport aux enjeux d’ordre économique et industriel ? Dans quelle mesure peut-on parler de politiques culturelles transnationales, notamment européennes ?
   
 

Les mutations des structures et des stratégies industrielles et financières

Depuis le milieu des années 90, des pôles à ambition internationale et actifs dans plusieurs des secteurs des ICIC se constituent ou se renforcent. De nombreux commentateurs considèrent ces mouvements à la fois comme le moteur et comme le signe d’une nouvelle phase d’industrialisation de la culture et de la communication. Sur fond de mondialisation et de « financiarisation », la « standardisation » des productions culturelles et intellectuelles serait accrue, en particulier afin de satisfaire les exigences de rentabilité des investisseurs financiers. Cette interprétation est-elle avérée ? Comment penser les enjeux de la concentration ?
   
 

Mondialisation, aires culturelles et industrialisation de la culture

Les mutations des ICIC doivent être analysées dans la perspective de la mondialisation. Les mutations des cadres réglementaires, industriels et financiers se sont produites à l’échelle internationale. Les négociations internationales visant à étendre la libéralisation des échanges ou à assurer le maintien des dispositifs publics sont toujours en cours. Comment se construisent les rapports de force entre les cultures ? Quels sont les modalités et les effets de l’unification progressive des marchés mondiaux de la production culturelle sur l’offre en matière de biens culturels ? Quelles sont également les propositions se réclamant d’une alter-mondialisation ou d’une mondialisation plurielle ? Quelles sont les conséquences de l’abandon du mot d’ordre d’ « exception culturelle » au profit de celui de « diversité culturelle » ?
   
 

Les ICIC face à d’autres industries et champs : de nouvelles approches

La question de l’extension des logiques à l’œuvre dans les ICIC vers d’autres espaces sociaux doit être posée. Les services éducatifs, par exemple, s’industrialisent selon des voies très proches de celles suivies par les services de communication. A la présence massive dans la formation de produits industriels traditionnels et multimédias s’ajoute aujourd’hui l’industrialisation des prestations : autoformation, formation en ligne, e-learning, etc. qui sont autant de marques de cette industrialisation des services. De même, les secteurs du jouet, des industries du divertissement ou des arts numériques entretiennent des liens étroits avec les ICIC et partagent avec elles nombre de caractéristiques. L’étude des logiques à l’œuvre dans ces domaines tout comme l’examen de leurs relations avec les ICIC apportent une précieuse contribution aux analyses produites par les théories des industries culturelles.
   
 

Les mutations des contenus et des modes de valorisation

Les modes de conception, de production, de reproduction, de diffusion, de mise en marché et de valorisation des produits culturels se transforment. De façon croissante, les produits sont déclinés sur plusieurs supports, matériels ou immatériels. La « granularisation » et différenciation se développent. Des services peuvent être adjoints aux contenus. Parallèlement, les modes de valorisation combinent diverses formes de financement. Comment ces mouvements contribuent-ils aux réaménagements au sein des filières ?
   
 

Les mutations des pratiques et des usages

Les pratiques et les usages constituent un niveau d’analyse encore peu abordé par les chercheurs et rarement relié à d’autres niveaux (mutations des offres industrielles, mutations sociales, politiques et idéologiques). Comment les stratégies d’offre des ICIC se confrontent à des usages et à des pratiques culturelles, informationnelles et communicationnelles socialement construites et ancrées ? Comment les usages des TICs et les pratiques culturelles ou communicationnelles participent-elles aux transformations de la sphère privative et de celle du travail ? En somme, comment penser les mutations des usages et des pratiques ?
   
 

Les mutations de l’espace public et les mutations idéologiques

Des transformations de l’espace public apparaissent avec de nouvelles modalités de participation des citoyens à la vie publique, avec de nouveaux espaces « physiques » et virtuels relevant souvent d’initiatives privées tels que les cafés citoyens, les forums, les blogs… La multiplicité des acteurs et des canaux de diffusion rende l’information publique plus accessible ; celle-ci s’intègre dans des logiques socio-économiques et en même temps dans des pratiques de contestation du pouvoir. Par ailleurs, comment les mutations des modalités de production de l'information au sein des médias et le développement de médias d'information tels que les "gratuits" ou l'information en ligne interrogent-ils l'espace public? Enfin, quelles idéologies accompagnent les mutations des ICIC et comment concourent-elles à légitimer les mutations sociales en cours ?