Colloque organisé par la MSH Paris Nord, la MSH des Alpes, la MSH d'Aquitaine, la MSH de Paris, la MSH Nord-Pas de Calais et le Gricis
Université du Québec à Montréal, dans le cadre de l'Action Concertée Incitative (ACI) du réseau des MSH.
  Atelier 1.1 - Ateliers 1.2 - Ateliers 1.3 - Ateliers 1.4 - Ateliers 1.5
   
Atelier 1.2 Tics et mutations des filières
   
  Président :
- Nicole ArnalL- Observatoire OMIC, MSH Paris Nord

Intervenants :
Ester Applgren, The Royal Institute of Technology, Stockholm, Suède
« Services d'actualités interactifs : des concurrents au journal papier ?  »
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Sue Ferguson, Wilfrid Laurier University, Brantford Campus, Canada
« Industrie culturelle enfantine et mondialisation : évolution du jouet en tant que produit de consommation »
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Dominique Nauroy, Université Paul Verlaine - Metz, France
« Le Cybook et la filière éditoriale »
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Barbara Sallé, Université Saint-Denis-Paris 8, CICM/MSH Paris Nord, France
« Les nouveaux moyens de diffusion de la création musicale contemporaine à Radio France »
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Laïd Bouzidi, Sicomor, Centre de recherche de l’IAE, Université Jean Moulin, Lyon 3 / Eric Thivant, Université Jean Moulin - Lyon 3 - Sicomor, France
« Analyse des stratégies et des pratiques des industries informationnelles spécialisées »
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Khaled Zouari, Université Stendhal - Grenoble 3 - GRESEC, France
« Les médias électroniques dans les pays arabes : vers une nouvelle industrie informationnelle et communicationnelle ? »
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« Les services d'actualités interactifs : des concurrents au journal papier ? »

Ester Appelgren
The Royal Institute of Technology, Stockholm, Suède

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Le numéro de décembre 2005 de Techniques de presse - revue internationale sur la stratégie et les technologies des journaux - aborde l'avènement d'une deuxième génération de nouveaux médias surnommés “les nouveaux nouveaux médias”. Dans l'article mentionné ci-dessus, Northrup (2005) affirme que, dorénavant, “les nouveaux formats à intégrer sont la vidéo, le podcasting, les mobiles et le papier électronique” (p.1). Dans un ouvrage de référence (devenu maintenant inactuel) sur les Nouveaux médias (Pettersson, 1986), l'une des technologies de “nouveaux nouveaux médias” suggérées par Northrup, la “vidéo”, figurait déjà dans la longue liste de nouveaux médias. Ainsi la vidéo était-elle considérée comme nouvelle aussi bien en 1986 qu'en 2005, cela prenant cependant place dans des contextes différents. Les nouveaux médias, ou les nouveaux médias contemporains, sont rarement complètement “nouveaux”. Ils sont plutôt le résultat de la combinaison de caractéristiques d'anciens médias (van Dijk, 2004). Ce constat est également évoqué par Bolter et Grusin (2001) qui mentionnent que le concept de remédiation fait partie de “la logique formelle par laquelle les nouveaux médias remettent au goût du jour les anciennes formes de médias”.

Les nouveaux médias sont en effet un concept très dépendant du temps, et sont bien entendu en constante évolution. Rogers (2003) suggère qu'une innovation est une idée, une habitude ou un objet qui est perçu comme nouveau par un individu. Néanmoins, la réelle nouveauté de l'idée, mesurée objectivement dans le temps, a une importance mineure sur les réactions qu'elle suscite chez les individus. C'est pourquoi, selon Rogers, pour les éditeurs qui ont travaillé de façon traditionnelle avec des médias imprimés, la vidéo peut être considérée comme un nouveau média.

Les chercheurs ainsi que les représentants de l'industrie ont, depuis l'introduction sur le marché des éditions en ligne de journaux, considéré ces derniers comme des menaces potentielles ou comme des compléments des éditions papier. Alors que de nouvelles éditions numériques de journaux sont sans cesse mises sur le marché, la menace potentielle sur l'édition papier s'est donc encore accrue.

Dans ce rapport, quatre nouveaux services numériques d'actualités ont été analysés : les éditions en ligne de journaux papier, les télévisions web d'actualités, le podcasting d'actualités et les blogs d'actualités. Ces quatre services contiennent tous des éléments d'interactivité.

L'un des objectifs de ce rapport est de déterminer si les aspects interactifs des nouveaux médias d'actualités numériques sont le coeur de la menace potentielle envers l'édition imprimée. En outre, ce rapport discutera de la nouveauté avérée de certaines formes de nouveaux médias tels que les services d'actualités interactifs. Quand de tels services cessent-ils d'être nouveaux ? Et de quelle ampleur doit être leur succès pour qu'ils ne soient plus perçus comme tels, dans la mesure où ce succès dépend souvent d'un nombre critique d'utilisateurs ?
Les résultats ont été obtenus en utilisant à la fois des méthodes quantitatives et qualitatives. Une analyse de la littérature et des statistiques disponibles sur les ventes et l'utilisation des quatre nouveaux services numériques d'actualités a été effectuée. Une enquête a été menée auprès d'utilisateurs précoces des services sélectionnés, dans le but d'examiner l'utilisation de leurs différents aspects interactifs. Des entretiens approfondis ont été conduits avec des experts de ces mêmes services.

Ce rapport consiste en une introduction sur le domaine des services numériques d'actualités, un état des lieux sur les quatre canaux de communication sélectionnés, une présentation des statistiques concernant l'usage des quatre services associés, des résultats provenant des groupes de travail et des entretiens, une analyse des résultats obtenus, avec un accent mis sur la nouveauté réelle des nouveaux médias et l'interactivité, le tout mis en relation avec la menace qu'ils constituent aujourd'hui par rapport aux médias traditionnels. Ce rapport contient enfin des conclusions et des suggestions en vue de futures recherches.

« Industrie culturelle enfantine et mondialisation : évolution du jouet en tant que produit de consommation »

Sue Ferguson
Wilfrid Laurier University, Brantford Campus, Canada

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Qu'on s'en lamente, qu'on s'en réjouisse ou qu'on se contente de le remarquer, l'industrie culturelle enfantine n'est plus du tout ce qu'elle était il y a 25 ans. Bien des universitaires ont souligné les façons dont la mainmise des capitaux mondiaux sur les principales ressources culturelles pour enfants (c'est-à-dire les jouets et les médias, ou l'hybride médias-jouets) a poussé ces derniers à tisser une relation plus vaste et plus intense avec le marché.

Un des grands pivots de la théorie de la « mercantilisation de l'enfance » veut que ce changement favorise une différenciation accrue entre les désirs de l'adulte et ceux de l'enfant. Quels qu'en soient les inconvénients, avance Gary Cross, plus l'industrie du jouet est liée à la logique du marché et moins les jouets reflètent les valeurs et les messages du monde adulte. Selon cette philosophie, l'introduction de la poupée Barbie par Mattel, en 1959, marque le début d'une tendance, qui s'est accélérée dans les années 1980 et 1990 lorsque la publicité pour les jouets a pratiquement éliminé la mère-intermédiaire et entrepris d'adresser ses messages directement aux enfants, tendance voulant que les jouets frappent l'imaginaire sans limite des enfants et reflètent leurs besoins et leurs désirs les plus profonds.

Le présent document s'oppose à la thèse de M. Cross et soutient que, comme d'autres, elle s'attache inutilement aux caractéristiques des jouets sans tenir compte de l'évolution graduelle (et non de la simple disparition) des messages destinés aux adultes. Je soutiens plutôt que pour comprendre de façon cohérente la nature des changements amenés par la mondialisation et la mercantilisation de l'industrie culturelle enfantine, il faut se concentrer sur les spécificités actuelles de la forme mercantilisée des jouets. Je parle avant tout de la façon dont la production de jouets suit un véritable cycle de modes.

Les jouets sont depuis longtemps des créatures du marché. La caractéristique majeure de cette industrie de jouets qui stimulent l'envie au lieu de la satisfaire, incitant les enfants à consommer un éventail sans fin d'accessoires et de produits dérivés (ce que Beryl Langer a baptisé commoditoys), est la façon dont les jouets - et les enfants pour qui on les achète - sont entraînés dans un cycle de modes en expansion continue au sein duquel, selon Walter Benjamin, la quête de la nouveauté (et non du jeu) devient une fin en soi. Il soutient en outre que si, en parallèle, la mort constitue la seule expérience réellement novatrice, il ne faut pas s'étonner de la domination du marché par les jouets de guerre, les jeux vidéo violents et les poupées-mannequins (qui peuvent tous être considérés comme flirtant d'une manière ou d'une autre avec la mortalité).

Pour pousser encore plus loin le cadre de M. Benjamin sur ces questions, on peut soutenir que les commoditoys font entrer les enfants dans une transe collective qui inspire ou renforce une croyance subconsciente dans les pouvoirs mythiques du capitalisme. Mais le jeu, selon M. Benjamin, et particulièrement le mode cognitif qu'il implique, tient un rôle spécial dans la destruction de ce mythe : voilà pourquoi nous avons intérêt à au moins remettre en question le degré auquel la transformation de l'industrie culturelle enfantine est en mesure de coloniser entièrement le coeur et l'esprit des enfants.

« Le Cybook et la filière éditoriale »

Dominique Nauroy
Université Paul Verlaine - Metz, France

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En 1998, la société Cytale, fondée par Jacques Attali, s’est emparé d’un champ de l’industrie culturelle qu’aucun acteur n’avait encore tenté de faire migrer vers le monde numérique : celui de la lecture. Prenant acte d’une part du succès de la dématérialisation de la musique, d’autre part des modèles de vie nomade dont Jacques Attali prédisait l’essor rapide, Cytale propose en 2001 une tablette de lecture électronique, le Cybook, destinée à un segment de marché grand public constitué de grands lecteurs, d’expatriés, de seniors et de voyageurs. Sa commercialisation est un échec spectaculaire, à comparer avec les attentes et les rêves, alimentés notamment par la presse, qu’a fait naître ce dispositif peu avant son lancement.

Utiliser l’électronique pour parvenir à séduire les amoureux de la lecture peut sembler une gageure : en 2000, personne ne conçoit a priori le livre électronique comme une invitation à la lecture. Hybride entre le livre et l’ordinateur, le Cybook est un dispositif nouveau qui, de prime abord, ne ressemble ni à l’un, ni à l’autre. Tous les acteurs de la chaîne commerciale, et parmi eux les distributeurs, vont peiner à donner une lecture claire de cette invention.

Le grand public lui préfère, dans sa grande majorité, le livre imprimé. Les résistances auxquelles ce dispositif doit faire face mettent en évidence le statut référentiel du livre imprimé dans l’imaginaire collectif. D’où une inadéquation entre l’œuvre romanesque et l’écran, en dépit d’expérimentations réalisées en bibliothèques prouvant le contraire.

L’échec de sa proposition amène Cytale à renégocier sa solution à destination d’un public malvoyant. Le Cybook est, dans ce cas, un artefact qui donne un accès nouveau et véritablement unique à un univers culturel. Plus que de mutation, il convient alors de parler de création de nouveaux usages. Et Cytale crée, ici, une médiation réussie.

Le Cybook a donc été une traduction adaptée, et n’a pas porté en lui les gènes de sa propre mort. Alors, est-ce un aveuglement qui mène Cytale à sa perte, incapable de se repositionner sur des niches éloignées de l’optique originale ? Est-ce la faiblesse du réseau que Cytale a constitué avec ses principaux partenaires, dont les éditeurs et les distributeurs, qui la fragilise ? Même si les temps de la décision sont parfois longs, au regard de la courte vie de l’entreprise, à chacune de ces questions, nous pouvons répondre par la négative. Cytale n’est pas le fruit de décisions absurdes. La chute de Cytale, qui symbolise en France la fin (ou la mise temporaire entre parenthèses) d’une idée, ne s’explique pas par un facteur unique et isolé, mais elle résulte de la conjonction d’une série d’actions et d’appréciations, chacune à la fois interne et externe à l’entreprise.

C’est ce que nous nous proposons d’expliquer. Notre enquête offrira ainsi une lumière originale sur les stratégies éditoriales actuelles d’Amazon et de Google aux États-Unis, et de Sony au Japon dans le domaine d’un livre électronique d’un genre nouveau, hybride entre la feuille et l’écran.

« Les nouveaux moyens de diffusion de la création musicale contemporaine à Radio France »

Barbara Sallé
Université Saint-Denis-Paris 8, CICM/MSH Paris Nord, France

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Radio France est un média radiophonique essentiel en France, il représente les attentes de développement culturel et technologique mis en place par les pouvoirs publics. Les objectifs de Radio France pour le festival Présences résident dans le fait de pouvoir aider la musique de création, en la diffusant sur les ondes radiophoniques en direct ou en différé, mais aussi par des concerts gratuits au sein de sa maison, interprétés par ses deux orchestres, son chœur, et sa maîtrise.

Financé par le budget de Radio France, entreprise privée à fonds publics, le festival Présences permet d’offrir différentes figures de la composition musicale, nationales et internationales (une vingtaine de créations par an, avec les meilleurs interprètes). Le festival Présences est un vecteur important de la diffusion de la musique contemporaine en France depuis ses 15 dernières années. Créé en 1991 par Claude Samuel, il s’agissait d’une manifestation musicale d’avant-garde, dans une structure où tout permet de servir la création musicale, de sa conception à sa diffusion. En parallèle, le festival Présences électronique, créé en 2005, pour ainsi dire basé sur le « label » GRM , présente aussi bien les musiques électroacoustiques du répertoire que les nouvelles tendances de la création musicale électronique.

Dans cette proposition, nous souhaitons étudier les nouveaux moyens de diffusion de la création musicale contemporaine dans le cadre de Radio France autour du Festival Présences et de Présences électronique.

Jusqu’à présent, les moyens traditionnels étaient ceux de la diffusion sur les ondes radiophoniques (France Musique, France Culture, plus toutes les annonces faites sur France Inter, France Info, Fip, et le Mouv). Depuis 2004, de nouvelles techniques de diffusion via Internet ont été implémentées, pour être proposées au public en 2005.

Ces nouveaux moyens concernent :

1) la Radio sur Internet, accessible donc à l’international ;
2) le Podcast, permettant de choisir ses programmes et donc de personnaliser sa radio.

Dans un premier temps, il s’agit d’évaluer l’apport de ces nouveaux moyens de diffusion pour la création musicale contemporaine. Dans un deuxième temps, il s’agit d’étudier dans quelle mesure ces nouveaux moyens de diffusion, qui nous sont hérités des pratiques nouvelles de l’industrie musicale peuvent donner un nouveau souffle à la diffusion et à l’autonomie esthétique de la création musicale contemporaine. De nos jours, celle-ci ne s’est pas encore industrialisée, et n’est sans doute pas industrialisable. Elle n’est d’ailleurs pas comparable au cas du marché de l’art plastique, elle touche un public restreint et elle n’existe que par la volonté des politiques culturelles des pouvoirs publics.

Cette étude est en relation avec notre recherche de thèse universitaire intitulée « Les nouveaux moyens de diffusion de la création musicale », et qui posent entre autre les questions suivantes : dans quels termes parle-t-on de diffusion musicale ? La diffusion implique-t-elle forcément l’industrialisation d’une oeuvre ? Quelle est la politique culturelle mise en place actuellement par les pouvoirs publics ? En d’autres termes, quelles sont les connexions possibles entre l’art, l’industrie, la diffusion, et comment peut-on développer d’autres voies de diffusion de la création musicale au-delà de l’industrie et de ses modèles économiques, liées à l’évolution des technologies de l’information et de la communication et aux mutations qu’elles entraînent ?

« Analyse des stratégies et des pratiques des industries informationnelles spécialisées »

Laïd Bouzidi
Sicomor, Centre de recherche de l’IAE, Université Jean Moulin, Lyon 3, France

Eric Thivant
Sicomor, Centre de recherche de l’IAE, Université Jean Moulin, Lyon 3, France


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Cet article s’intéresse aux stratégies d’industrialisation et aux modes de développement des industries de l’information spécialisée face à la mondialisation de l’économie et plus particulièrement les industries d'information financière. Après avoir rappelé les principaux modèles de développement traditionnels des industries culturelles, comme le modèle éditorial ou le modèle de flots, nous poserons comme hypothèse de travail que cette industrie informationnelle spécialisée utilise des stratégies de développement spécifique, enrichissant les théories sur les Industries de la Culture, de l’information et de la Communication (ICIC). En nous appuyant sur un cadre épistémologique constructiviste, nous analyserons les politiques de développement des principaux acteurs de cette industrie, d’un point de vue stratégique, sociologique et technologique, en tenant compte de la réalité du marché, des pratiques, de l’évolution technologique, de l’internationalisation des marchés et de la prise en compte des échecs et des succès des grandes fusions verticales et horizontales sur ce secteur. Les principales entreprises de ce secteur doivent alors exercer des activités plus industrialisées et donc plus capitalistiques. En d’autres termes cette recherche s’intéresse donc à l’évolution du capitalisme médiatique (le capitalisme appartenant à la sphère des médias) et aux stratégies des nouveaux médias face à un espace public fragmenté et à l'impact des nouveaux standards technologiques pour expliquer la dynamique de ce secteur.

« Les médias électroniques dans les pays arabes : vers une nouvelle industrie informationnelle et communicationnelle ? »

Khaled Zouari
Université Stendhal - Grenoble 3 - GRESEC, France

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Notre communication s’oriente et se focalise autour des industries culturelles en conformité avec « la théorie des industries culturelles » et dans une acception comprenant les médias électroniques. Notre regard se porte surtout vers les transformations dans les industries du contenu (terminologies employées par Claire Moriset et Bernard Miège pour mettre en évidence leur relation de plus en plus forte, et même leur implication dans les techniques de l’information et de la communication), et plus précisément vers ce qu’il est important de désigner comme les industries culturelles et médiatiques sur l’internet dans les pays arabes. En effet, le constat d’une transformation des modes de production et de diffusion de l’information dans le cadre des sites Internet de presse s’est construit à partir des travaux des chercheurs traitant de l’industrialisation de la culture et de l’information. Bien que nous souhaiterions mobiliser certaines références dans notre analyse, il convient aussi de porter un regard sur les résultats à partir de cet angle d’analyse. Nous souhaiterions comprendre en quoi le passage de la presse au pays du Maghreb vers l’Internet constitue une accélération et un accompagnement de certaines mutations socioéconomiques déjà engagées et comment, dans le même temps, les acteurs, aux différents niveaux de l’organisation, agissent et réagissent dans cette période transitoire. Notre propos s’attachera, à travers des concepts mis en place par des chercheurs travaillant sur les industries culturelles, à repérer les phénomènes de renforcement du processus d’industrialisation, dans le cadre du passage de la presse imprimée au support numérique. Pour cela, nous essayerons en premier lieu de comprendre le développement de la presse dans les pays arabes dans le contexte des industries culturelles, la logique marchande, les pratiques professionnelles des journalistes et l’industrialisation de la presse. Nous finirons par traiter le rapport au public consommateur tout en nous penchant sur l’individualisation des pratiques de consommation des produits informationnels et communicationnels.