Colloque organisé par la MSH Paris Nord, la MSH des Alpes, la MSH d'Aquitaine, la MSH de Paris, la MSH Nord-Pas de Calais et le Gricis
Université du Québec à Montréal, dans le cadre de l'Action Concertée Incitative (ACI) du réseau des MSH.
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Table ronde 7 : Les mutations des usages et des pratiques
   
  Les mutations des usages et des pratiques

Président :

- André Vitalis, directeur du Centre d’études des médias, université Bordeaux 3, MSH Aquitaine, France


Intervenants :

- Philippe Coulangeon, CNRS, Observatoire sociologique du changement, France
« L’évolution des pratiques culturelles »

- Gilles Pronovost, Université du Québec à Trois-Rivières, Canada
« Les technologies de l’information et de la communication dans l’univers des jeunes »
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- Serge Proulx, université du Québec à Montréal, Canada
« Que deviennent les études de réception à l’ère de la mutation des usages ? »

- David Vandiedonck, université Lille 3, Institut Erasme MSH Nord-Pas-de-Calais, France
« La figure de l’usager délinquant »
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« L’évolution des pratiques culturelles »

Philippe Coulangeon
CNRS, Observatoire sociologique du changement, France

EN ATTENTE



Recherches conduites depuis plus de 15 ans par nous même et par les membres du séminaire « industrialisation de la formation » créé en 1991 par P. Moeglin et E. Fichez

« Que deviennent les études de réception à l’ère de la mutation des usages ?  »

Serge Proulx
Université du Québec à Montréal, Canada

Depuis la décennie 1980 – qui fut une période d’expansion des études orientées vers la réception sociale de la télévision – les chercheurs ont progressivement introduit un clivage entre : d’une part, les études de réception s’intéressant aux pratiques de décodage des contenus diffusés par les moyens de diffusion ; et d’autre part, les études d’usage orientées vers l’adoption et l’intégration de technologies nouvelles d’information et de communication dans des environnements spatio-temporels particuliers (famille, travail, loisirs). Avec le développement des technologies réseaux et d’Internet  – en particulier depuis 1995, qui marque le début de la diffusion grand public d’Internet – les pratiques d’usage et de réception sont transformées significativement. Ainsi, il devient de plus en plus difficile de distinguer entre ce qui ne relèverait que de la réception des contenus médiatiques (source d’un travail d’interprétation symbolique) et ce qui concernerait exclusivement l’appropriation d’une technologie considérée dans sa dimension instrumentale et matérielle (manipulation d’un objet technique).

Aussi, ce clivage entre études de réception et études d’usage n’apparaît plus vraiment pertinent. Il s’agit de dépasser ce clivage, notamment en réfléchissant à ce que les diverses traditions d’étude de la réception médiatique pourraient apporter au renouvellement des études d’usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le présent contexte de mutation des industries de la culture, de l’information et de la communication. L’objectif de cette intervention consiste à penser les enchevêtrements, les points de convergence autant que les différences irréductibles entre ces deux traditions de recherche, de manière à proposer un renouvellement de perspectives pour l’étude des pratiques de communication médiatisée marquées par de profondes transformations. Nous sommes aujourd’hui confrontés à des mouvements d’hybridation des modes de diffusion, de distribution et de consommation des produits culturels, notamment en raison d’un accroissement des dispositifs de communication entre pairs (p2p ; many to many) au détriment des dispositifs de communication de masse. L’on passe ainsi d’une problématisation en termes d’« audiences de masse » à des questionnements pluriels en termes de « communautés d’intérêts » ou de « collectifs d’usagers connectés ». Les pratiques d’usage ouvrent vers des pratiques de communication en groupe. Ces transformations des dispositifs appellent l’invention de nouvelles perspectives de recherche.

 

« Les technologies de l’information et de la communication dans l’univers des jeunes  »

Gilles Pronovost
Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada

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La plupart des études sur les technologies de l’information et de l’information permettent d’en arriver à un portrait descriptif relativement simple, a priori du moins, des pratiques des jeunes. Ils sont les plus grands utilisateurs de l’Internet, s’adonnent massivement au clavardage (tchat), au courrier électronique et à la messagerie instantanée, téléchargent à profusion musique et films, se présentent comme les plus forts adeptes des jeux en ligne. L’utilisation de l’Internet supplante depuis plusieurs années la bibliothèque scolaire pour les travaux reliés à leurs études. Mais peut-être ne s’agit-il que de la surface des choses.
Dans le cadre d’une recherche menée en 2005 auprès de 1 840 jeunes âgés de 11 à 15 ans, je vais tenter de mettre ces données en perspective avec le milieu familial des jeunes, leur milieu scolaire, leur réseau social, leur univers de pratiques culturelles, leurs valeurs fondamentales, leur rapport au temps et ce qu’il faut bien appeler des comportements à risque. Je vais aussi décrire les changements observables de la pré-adolescence à l’adolescence.
De manière générale, on peut conclure que les TIC accompagnent le parcours des jeunes dans leur quête d’identité. Leur utilisation est ambiguë. Les TIC peuvent autant contribuer à isoler le jeune qu’à conforter son réseau social. Elles reflètent autant l’échec scolaire qu’un parcours planifié. Elles peuvent constituer un instrument de distanciation d’avec le milieu familial et un moyen d’affirmation personnelle. Elles servent de relais à des pratiques déviantes ou encore de complément à un univers culturel déjà riche. Elles peuvent envahir les loisirs des jeunes ou constituer une expérience fondamentale de maîtrise du temps.

«La figure de l’usager délinquant »

David Vandiedonck
Lille 3, Institut Erasme MSH Nord-Pas-de-Calais, France

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