Colloque organisé par la MSH Paris Nord, la MSH des Alpes, la MSH d'Aquitaine, la MSH de Paris, la MSH Nord-Pas de Calais et le Gricis
Université du Québec à Montréal, dans le cadre de l'Action Concertée Incitative (ACI) du réseau des MSH.
  Table Ronde 1 - Table Ronde 2 - Table Ronde 3 - Table Ronde 4 - Table Ronde 5 - Table Ronde 6 - Table Ronde 7
   
Table ronde 3 : Les mutations des contenus
   
  Président :

- Président : Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, France

Intervenants :

- Yolande Combès, université Paris 13, MSH Paris Nord, France
« Les produits et services éducatifs : quels enseignements pour la recherche sur les ICIC ? »

- Julien Duval, CNRS, Centre de sociologie européenne, France
« Les transformations du champ cinématographique en France»

- Dominique Marchetti, CNRS, Centre de sociologie européenne, France
«La production et le traitement de l'information internationale à la télévision française»

- Hervé Serry, Université Paris 8, CNRS, Culture et société urbaine, France

« Structure de l’entreprise et évolution des contenus : l’exemple des éditions du Seuil »

- Gaëtan Tremblay, Université du Québec à Montréal, Canada
« La télé-réalité au coeur des mutations du système télévisuel : le cas nord-américain»
>>> Télécharger le texte de la communication

   
 

«Les produits et services éducatifs : quels enseignements pour la recherche sur les industries culturelles et les industries de l’information et de la communication ?»

Yolande Combès
Paris 13, LabSIC, MSH Paris Nord, France

Pourquoi les recherches concernant les modes d’industrialisation et de valorisation propres aux dispositifs technologiques dans les secteurs de la formation et de l’éducation peuvent interroger les mutations intervenant dans les secteurs des ICIC ?

L’observation des dispositifs d’universités virtuelles, des campus numériques, de e-learning conduit à considérer avec intérêt des voies alternatives, éloignées des idées le plus souvent avancées : soit de changements radical (remplacement du professeur par la machine),  soit  de filiations par rapport aux approches classiques (la classe). Ces deux voies sont expérimentées mais s’avèrent improductives car elles ne génèrent pas d’usages suffisants ou vont à l’encontre d’utilisations pertinentes des potentialités techniques offertes ou de recherche de performativité.

Les exigences du processus de formation (nécessaire ajustement à l’apprenant, hétérogénéité des prestations et des publics rendant l’effet de masse incertain, prestations ne pouvant se réduire à la production industrielle d’objets, habitude de gratuité de ces secteurs, multi-dimensionnalité de l’acte et du système éducatif) obligent les acteurs investissant les technologies éducatives à affronter nombre de problèmes que se posent certains industriels des ICIC aujourd’hui. Les expérimentateurs recherchent en effet des configurations inédites qui marient deux modèles industriels à l’origine distincts à savoir : le processus de production de ressources éditées influencé par les modèles des industries culturelles et le processus de médiations par ceux des services, dans le but de faire émerger un nouveau modèle éducatif virtuel tenant compte des deux.

Quatre tendances se dégagent, qui quoique non abouties et, souvent, à peine émergentes, ouvrent des perspectives nouvelles :

  1. Formation à la carte, fondée idéalement sur l’activation de l’autonomie de l’apprenant par les TIC. Cette solution correspond à des choix qui touchent toutes les variables du dispositif : degré d’ouverture de la ressource, degré de décision laissé à l’apprenant, remédiation à offrir, type d’agencement (sur mesure de masse) à prévoir afin de permettre des parcours personnalisés de la personne.

  2. Recherche de formes de réflexivité inédites, qui suppose le développement d’ingénierie de médiation à partir d’artefacts, qui ouvrent des possibilités d’action, tant en amont du côté de la conception, qu’en aval du côté des pratiques d’apprentissage. Ces formes de réflexivité sont fondées sur la remontée de l’usage dans le processus de conception, et sur  l’expérimentation des relations d’apprentissages collaboratifs.

  3. Mutualisation, ce cadre communautaire de production distribution de ressources pédagogiques fondé par des enseignants (ex. Sesamath) s’affranchit du secteur de l’édition scolaire et ouvre la perspective des « Creatives Commons » empruntant à l’esprit du logiciel libre et s’inscrivant dans une économie solidaire.

  4. Assistance généralisée, l’articulation des modèles des industries culturelles et des modèles d’industries des services oblige à repenser les modes de valorisation : le paiement à la prestation (modèle du courtage), qui a pu être décelé dans le champ de la formation, semble adaptée à une assistance prolongée dans le temps.

Recherches conduites depuis plus de 15 ans par nous même et par les membres du séminaire « industrialisation de la formation » créé en 1991 par P. Moeglin et E. Fichez

«Les transformations du champ cinématographique en France  »

Julien Duval
CNRS, Centre de sociologie européenne, France

Cette communication repose sur une analyse du cinéma français au début des années 2000. Le cinéma français est un espace diversifié. Il peut être analysé comme un continuum entre un pôle commercial et un pôle plus autonome. Au pôle commercial, les productions aspirent à un succès large et immédiat. Au pôle plus autonome, les films s’adressent (au moins à court terme) à un public restreint, mais ils peuvent faire l’objet d’une forte reconnaissance symbolique auprès de la critique ou des festivals les plus prestigieux. Mais le cinéma français est aussi une industrie culturelle caractérisée par une dépendance structurale à l’égard du cinéma américain et des médias de grande diffusion. Par conséquent, depuis les années 1970, il a été affecté par les transformations de Hollywood et par la montée en puissance des chaînes de télévision privées en France. Ces transformations ont eu des répercussions sur les structures du cinéma français. Elles ont renforcé les logiques commerciales et fragilisé le secteur le plus autonome.

«« La nouvelle définition dominante de l’« actualité » internationale. L’exemple des chaînes de télévisions françaises généralistes »

Dominique Marchetti
CNRS, Centre de sociologie européenne, France

La baisse relative de la « politique étrangère » dans les journaux des trois principales chaînes de télévision françaises (TF1, France 2 et France 3) est un révélateur des transformations du traitement et de la place de l’information internationale au sein des médias nationaux généralistes depuis la seconde moitié des années quatre-vingt. Cette recherche a pour objet de décrire et d’expliquer ce processus de déclin de la médiatisation des activités politiques étrangères ou diplomatiques les plus institutionnelles (sommets internationaux, élections européennes ou nationales, activité des partis politiques, politiques publiques, etc.). Le poids croissant des logiques économiques et professionnelles dans la production de l’information internationale au détriment des logiques politiques traditionnelles, la réorganisation du fonctionnement des chaînes de télévision françaises et des facteurs externes touchant les espaces politiques et sociaux permettent de rendre compte de ce phénomène.

«  Structure de l’entreprise et évolution des contenus : l’exemple des éditions du Seuil »

Hervé Serry
Université Paris 8, CNRS, Culture et société urbaine, France

EN ATTENTE

«  La télé-réalité au coeur des mutations du système télévisuel. Le cas nord-américain  »

Gaëtan Tremblay
GRICIS, Université du Québec à Montréal, Canada


>>> Télécharger le texte de la communication

Le système télévisuel actuel est certes fort différent de celui de la fin des années 70. Depuis lors, il a dû et doit encore affronter des défis majeurs, tels que l’expansion des possibilités de transmission et la croissance conséquente de l’offre de produits et services, l’avènement de la microinformatique grand public, la reréglementation du secteur, la marginalisation du service public, l’expansion fulgurante de l’internet, la concurrence accrue pour l’obtention des recettes publicitaires. Malgré tout, la télévision reste le média dominant dans l’ensemble des pratiques culturelles de la grande majorité de la population.

La faveur que connaît depuis quelques années la télé-réalité, dans ses diverses manifestations, la révèle comme un objet privilégié pour analyser tout à la fois les difficultés auxquelles se butent les entreprises télévisuelles et les stratégies qu’elles cherchent à déployer pour essayer de les surmonter. En ce sens, la télé-réalité se présente comme un puissant révélateur des mutations en cours dans les systèmes télévisuels.

Il faudrait se garder de réduire toute la stratégie des chaînes de télévision à la seule télé-réalité. Elle en constitue certes une pièce maîtresse mais elle n’en est pas la seule. L’analyse de la stratégie d’ensemble exigerait la prise en considération, entre autres, de la politique d’information, d’acquisition de produits et de production maison. Nous chercherons toutefois à montrer comment ce genre protéiforme de la télé-réalité constitue une tentative de réponse exemplaire aux défis que doivent relever les chaînes de télévision, en particulier les chaînes généralistes.